Paul Virilio – Le littoral, la dernière frontière

Disparu en 2018, Paul Virilio est un philosophe et urbaniste qui a constamment pensé la vitesse et ses conséquences dans le monde contemporain. En 2013 était publié un entretien réalisé dans la ville où il résidait, La Rochelle, intitulé « Le littoral, la dernière frontière ».

Il est présenté ainsi sur France Culture :

La mondialisation a eu un effet collatéral majeur qui n’a pas échappé à Paul Virilio : nous sommes entrés dans l’ère des flux toujours plus rapides, une version géographique de la société liquide dont parle Zigmunt Bauman. Les frontières sont en voie d’obsolescence et même si l’on édifie des murs un peu partout, ce n’est qu’en réaction à ce mouvement de fond qui affecte notre monde et fait du littoral, et plus précisément de ce qu’on appelle le trait de côte , la dernière limite, celle qui sépare la matérialité du territoire de la dynamique du flux. Il s’agirait d’une transformation de l’histoire aussi importante que celle qui avait marqué le passage à la sédentarisation de l’humanité et à l’agriculture, la révolution néolithique. Mais Virilio préfère au terme de révolution celui de révélation car il y a dans la révolution l’idée d’un dépassement du révolu, lequel – je cite « appartient à notre histoire anthropo-statique, reliée à l’inertie du lieu. Or nous entrons dans le moment de l’inertie du lien », celui de l’instantanéité et de l’ubiquité, « le live , les télécoms ». Si le XXème siècle était celui de la déconstruction, pour le philosophe de la vitesse le XXIème siècle est littéralement désorienté .