L’impact de la viande sur l’environnement

 « Si des archéologues venaient à fouiller les vestiges de notre civilisation, ils trouveraient du plastique, du béton, mais aussi des quantités massives d’os de poulets. » C’est le constat d’une étude publiée en janvier 2018 par la Royal Society Open Science, une revue de l’Académie britannique des sciences.

Extraits du compte-rendu qu’en donne le blog du BigBrowser du Monde.fr , « Bienvenue dans l’ère géologique du poulet en batterie » :

« Si, dans un avenir lointain, des archéologues venaient à fouiller les vestiges de notre civilisation, ils trouveraient du plastique, du béton, ces restes que l’on nomme « technofossiles ». Mais, s’il faut en croire les conclusions de cette étude, ils tomberont aussi, en grattant les sites de nos décharges actuelles, sur des quantités massives d’os de poulets. Au rythme de 65 milliards de poulets consommés chaque année, les os s’accumulent et forment progressivement le principal témoignage technobiologique sur notre époque que nous laissons aux générations futures.

Car les os de poulets contemporains portent, jusque dans leur composition chimique, la marque des processus industriels par lesquels ces animaux – voués à une mort en masse – passent l’intégralité de leur courte vie. L’alimentation standardisée donnée aux poulets en batterie a en effet métamorphosé la nature du squelette des volatiles et les besoins de viande ont transformé leur morphologie. A partir des années 1950, la structure de leur squelette a brusquement changé avec l’augmentation de la production de volaille qui s’est traduite par l’accroissement rapide de la masse et de la taille de ces gallinacés.

Aussi, les poulets du XXIe siècle n’ont plus grand-chose à voir avec leurs ancêtres du début du XXe siècle. Leur nombre, beaucoup plus élevé, leur dépendance totale à des chaînes industrielles intégrées en font l’espèce animale qui symbolise le mieux la manière dont les besoins humains déterminent l’évolution de la biosphère planétaire. »